L’UTMB de MixYourCom

Lundi 30 Juillet : Bonjour ! De retour de notre défi autour du Mont-Blanc… Mais que s’est-il passé ? Tous les détails du premier défi MixYourCom dans cet article et nulle part ailleurs!

Tout d’abord un petit rappel des modalités (voir aussi l’article initial) : c’est dans le but de mieux comprendre les participants de l’UTMB, cette course folle autour du Mont-Blanc, que je m’étais lancé sur l’itinéraire de la version 2012 avec pour objectif de boucler la boucle en 4 jours! La tâche n’était pas une mince affaire : environ 43km pour plus de 2500m de dénivelé positif PAR JOUR…

Voici donc le récit de l’aventure :

 

Jour 1 : Départ de Chamonix – Arrivée Col du Bonhomme

C’est après une courte nuit que nous démarrons, avec mon ami Mathieu, ce périple autour du toit de l’Europe. Un sentiment d’euphorie nous anime. Les premières heures de marche se font sur un bon rythme : nous sommes plus rapides que les estimations : « On va le piler cet UTMB ». L’ascension du Col de Voza symbolise la première difficulté de la journée et se fait sans problème malgré les 900m de dénivelé. Les esprits sont pleins d’espoir pour la suite de l’aventure : le paysage est magnifique, les conditions sont bonnes, ce tour du Mont-Blanc s’annonce très bien.

Si l’on monte, il faut obligatoirement redescendre : va falloir s’habituer, ce tour est une longue, très longue succession d’ascensions et de descentes. Nous amorçons alors sereinement la descente vers Les Contamines. Rapidement, une douleur se fait ressentir dans mon genou, ma tendinite qui se reveille : ce n’est ni l’endroit, ni le moment, coup dur! Je me débrouille pour descendre le plus efficacement possible. Le temps passe et la douleur reste. Démarre alors un gros combat psychologique : « T’es qu’un gros nase, à la première difficulté tu t’écroules! », « Pourquoi ce problème physique si tôt, et dire qu’il reste 3 jours » … Je suis alors partagé entre rage, honte et peine, tout en conservant un esprit combatif. Il s’agit de s’accrocher à tout ce qui vous passe par la tête : les images défilent et en quelques heures vous réalisez 4 psychanalyses : efficace!

Les kilomètres s’accumulent et n’arrangent rien à la douleur. Je ne peux plus tenir le rythme et suis obligé de ralentir. Vers 13h, nous avons parcouru une trentaine de bornes et faisons une pause déjeuner bien méritée. Mon moral est assez atteint : éprouver ce type de difficultés dès la première demi-journée ne laisse rien présager de positif. D’autant plus que nous étions sur une partie « facile » : descente et long faux-plat. La journée est encore longue et je dois déjà m’accrocher pour tenir. Je décide tout de même de traiter ce genou : crème anti-inflammatoire et ibupophène, ça devrait faire l’affaire.

Nous repartons vers la dernière difficulté de la journée : l’ascension du Col du Bonhomme : environ 1500m de dénivelé positif. L’effort est différent que lors de la descente et mon traitement commence à faire effet : mon genou ne me fait plus souffrir. Aussitôt, je reprends du poil de la bête et retrouve un rythme plus en rapport avec nos ambitions. Psychologiquement, je suis de nouveau plein d’espoir et chasse les derniers nuages de mon esprit. L’ascension est longue et dure, mais nous  avançons rapidement. Nous finissons par atteindre le Col du Bonhomme (2328m d’altitude) puis gagnons notre refuge pour la nuit.

La nuit dans le refuge se passe très bien. Epuisés, nous partons rapidement nous coucher avec déjà en tête, le parcours du lendemain.

Durant cette journée, je serai passé par tous les sentiments : je comprends mieux le combat psychologique que livre tout coureur de l’UTMB. Certains fondent en larmes, d’autres ont des hallucinations, … Même si mon effort est incomparable, à mon échelle, je dois déjà repousser mes limites. Par ailleurs, après ces premières heures de marche, je dispose davantage d’informations sur les performances physiques des coureurs de l’UTMB : c’est gars là sont inhumains. La distance, associée à la succession d’ascensions et de descentes, impose aux coureurs des efforts titanesques pour franchir la ligne d’arrivée.


 

Jour 2 : Départ Col du Bonhomme – Arrivée Courmayeur

Nous partons assez tôt à l’assault du jour 2 de notre périple. La journée démarre par une longue descente d’environ 900m de dénivelé vers le village des Chapieux. J’ai anticipé les problèmes de la veille sur mon genou en réitérant le même traitement. Néanmoins, les descentes sont très exigeantes physiquement, plus que ce que je pouvais imaginer. Nous gardons cependant un bon rythme. C’est malheureusement une erreur de parcours qui va nous faire prendre du retard sur le programme de la journée. Nous ratons une balise et parcourons environ 5km de plus pour rejoindre les Chapieux : psychologiquement, c’est pas très bon.

Arrivés aux Chapieux, un gros dilemme intervient. Notre itinéraire emprunte une large piste desservie par une navette : ce serait le moyen de regagner le temps perdu tout en reposant nos jambes quelques minutes. Mais nous sommes là pour marcher, et empruntons le chemin à pied comme prévu. Il s’agit de regagner le temps perdu sur cette partie de faux-plat. Mais les sacs, trop lourds, commencent à se faire sentir. Accélérer devient alors très difficile et le moral est immédiatement impacté. La suite de la journée s’annonce difficile.

Et effectivement, elle le sera. Un état de fatigue généralisé se fait ressentir : les pieds, les genoux, les cuisses, les articulations se font douloureux. Si bien que toutes les typologies de parcours sont des épreuves à franchir : montées, descentes et distance, voilà mes meilleurs ennemis. Rebelote alors la psychanalyse. « Quelles sont mes motivations? », « Pourquoi s’infliger ça? ». On pense aux personnes importantes dans sa vie, on se force à apprécier le décors (somptueux par ailleurs), et on se concentre surtout sur la route pour ne pas partir à la faute.

Les difficultés s’enchaînent : Col de la Seigne (2516m – soit 1000m de dénivelé depuis les Chapieux), descente vers le Lac Combal, ascension de l’arrête du Mont Favre et enfin la très longue descente vers Courmayeur (Italie – environ 1200m de dénivelé négatif). Dans l’après-midi, un orage éclate non loin de notre route. Nous sommes accompagnés par les tonnerres. Et j’avoue ne pas avoir été très rassuré à ce moment là. Nous arrivons au bout de nos peines vers 20h30 à Courmayeur après environ 12h de marche. C’était long, très long, trop long.

Nous arrivons sur le lieu où nous passerons la nuit. Là-bas, une personne nous informe que notre secteur est en alerte météo pour le week-end : de gros orages et pluies diluviennes sont prévues. A ce moment-là, je ne sais pas vous dire si j’ai éprouvé de la déception ou du soulagement. Après s’être d’avantage renseigné, il se trouve que reprendre la route serait très dangereux. On nous conseille d’arrêter là. Le lendemain matin, nous sommes réveillés par de gros orages. L’aventure s’arrête à Courmayeur.


 

2 jours – 90km – 5000m de dénivelé : 50% UTMB

En 2 jours, nous avons parcouru près de 90km pour plus de 5000m d’ascension autour du Mont-Blanc. Ce parcours correspond globalement à la moitié de l’UTMB. Pendant l’effort, j’ai pu passer par tous les états d’esprits, de l’euphorie à la déception totale, de l’émerveillement à la rage de soi. J’appréhende aujourd’hui différemment cette course de l’UTMB. Si je considérais déjà les participants comme des surhommes, je les appréhende aujourd’hui davantage comme des extraterrestres.

Concernant « mon UTMB », je ne sais pas si mes capacités physiques m’auraient permis de boucler le parcours en 4 jours. Un tel rythme impose une condition physique sans faille, mais également du matériel adapté. En effet, notre sac (plus de 15kg) me semblait beaucoup trop lourd pour boucler le tour en 4 jours. Par ailleurs, la connaissance du terrain peut permettre de mieux gérer son effort, mais également d’éviter les désagréments d’une erreur d’itinéraire.

Le retour vers Chamonix par la navette n’a pas été si facile à encaisser moralement. Stoppés par la météo, le défi n’est rempli qu’à 50%. Un léger sentiment d’inachevé nous habite. Néanmoins, nous quittons cette aventure plein de belles images dans la tête, riches d’une expérience unique, et avec la volonté de remettre le couvert l’année prochaine.

 

A Propos de : Lionel Manivet

Co-créateur de Milk Shake et mère porteuse du projet MixYourCom, c’est un passionné insatiable. Manager, Rédacteur, et parfois même Philosophe, ses casquettes sont multiples et sa volonté, de fer.

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